Le décisionnel priorité des DSI
Les outils daide à la décision sont voués à un bel avenir. 1,9 milliards deuros en 2010 contre 1,5 en 2007, tel sera le volume du marché du décisionnel en région EMEA, selon le Gartner. Ainsi, 2008 devrait marquer le début dun virage pour ce marché. Linstitut Gartner estime que le chiffre daffaires des majors (Oracle, SAP, Microsoft, IBM) devrait sensiblement croître cette année. Parmi les raisons évoquées : la business intelligence constitue la priorité, pour la seconde année consécutive, des 1400 DSI interrogés par Gartner dans le monde. Eventuellement concernées, celles qui ont déjà beaucoup dépensé dans un ERP. Il sagit donc dune deuxième phase dinvestissement, aujourdhui inévitable.
Lintérêt du décisionnel (le marché des applications et services liés à la «Business Intelligence» consistant à analyser les données de lentreprise) nest plus à prouver et va désormais au delà du reporting commercial. Ces solutions concernent tout autant les PME que les grandes entreprises et les éditeurs leur proposant de plus en plus des solutions « clés en main » aux tarifs adaptés.
Les récents mouvements de concentration du marché de la BI (fusion Business Objet, rachat Hyperion et, rachat Cognos par IBM) lui insufflent une nouvelle dynamique. Ils attestent de lintérêt des grands éditeurs pour ce marché et marquent aussi lentrée du décisionnel dans une phase de maturité.
Le décisionnel doit pouvoir se décliner dans toutes les applications métiers. Tout dépend, en fait, du niveau de maturité et des besoins décisionnels de chaque entreprise. Parmi ces derniers figurent : les besoins personnels, ceux dune direction, les besoins fonctionnels et enfin opérationnels.
A noter que certains secteurs sont plus mûrs que dautres en matière de business intelligence. Tel est le cas de la banque. En effet, Bâle II a obligé les banques à mieux connaître leurs clients et à déterminer le risque quelles encouraient à octroyer des crédits. Si le développement de ces outils connaît un tel succès, il ne sont pas moins complexes dans leurs utilisations : un véritable paradoxe pour des solutions dont lobjectif est de rationaliser la gestion de lentreprise.
Comment alors construire une solution décisionnelle métier ? Tout dabord, il faut sassurer quelle prenne en compte lexpertise métier de lentreprise. De même, elle doit sintégrer dans le SI existant et sadapter rapidement aux changements. En terme de technologies, elle doit être interopérable. On parlera alors de solutions orientées services pour avoir des données décisionnelles appliquées à toutes les applications opérationnelles.
Contrairement au décisionnel classique qui analyse une tendance sur plusieurs mois afin délaborer une stratégie, le décisionnel opérationnel nest pas un outil de réflexion à long terme. Toutefois, lun comme lautre sappuie sur la même infrastructure technique : bases de données de production, moteur dextraction de données, ETL, entrepôt de données et outils de restitution.
En revanche, pour exploiter les données dans les meilleurs délais, le décisionnel opérationnel exige de pouvoir accéder de façon dynamique à des données issues de sources hétérogènes. Ainsi, les informations cherchées peuvent également être prélevées directement dans les bases de production. De petites requêtes aident alors à prendre rapidement des décisions et permettent dalimenter des rapports diffusés en masse. Car sadresser aux opérationnels signifie de pouvoir répondre rapidement à des besoins précis, parfois même quasiment en temps réel.
La fin du marché de la BI
tel quon le connaissait
Jusquà ces derniers mois, le spécialiste du décisionnel SAS Institute dominait le marché avec 14,4 % des ventes de licences devant Business Objects, Hyperion, Cognos et Microsoft .
Quant aux acteurs traditionnels, eux, ils étoffaient leur offre en direction de la consolidation financière, par acquisition, pour répondre aux nouvelles obligations liées aux lois de sécurité financières. Mais en 2007, le marché BI a brusquement changé suite à une série de rachats. Daprès le Gartner, les quatre acteurs majeurs du décisionnel que sont devenus en 2007 par acquisitions Oracle, Microsoft, SAP et IBM, détiennent à eux quatre environ 70 % du marché de la Business Intelligence. Ce chiffre semble signifier que les premières places sont presque définitivement attribuées et quil reste peu de chance pour un cinquième acteur de monter sur le podium ; à moins quil ne réalise à son tour une grosse opération de croissance externe au détriment de lun des quatre titulaires.
Ainsi, léditeur français Business Objects (qui a lui-même racheté Cartesis, spécialiste des applications financières, au printemps dernier pour 225 M?) a accepté une offre dachat «amicale» de lAllemand SAP. Le numéro un mondial des progiciels de gestion intégrés (PGI, en anglais ERP) a mis 4,8 milliards deuros sur la table pour soffrir le spécialiste des solutions danalyse décisionnelle (dites aussi de Business Intelligence ou BI). Le fondateur de Business Objects, le Français Bernard Liautaud, va entrer au conseil de surveillance de SAP. La société quil a créée compte aujourdhui 44 000 clients dans le monde. Le rapprochement des deux acteurs va permettre de développer une forte intégration entre les offres de SAP et de Business Objects, tout en continuant, avec un engagement équivalent, à développer des solutions Business Objects totalement indépendantes de SAP, à associer aux autres plateformes applicatives du marché.
De lautre côté, Oracle après des mois de négociations a racheté Hyperion pour 3,3 milliards de dollars en cash. Celui-ci se définit comme le spécialiste des solutions de business performance management (BPM) - en français la gestion de la performance dentreprise - considérée comme la nouvelle génération de la Business Intelligence. Il a réalisé 765 M$ de chiffre daffaires sur son dernier exercice clôt le 30 juin 2006 et emploie environ 2500 personnes.
Cette transaction permettra notamment à Oracle de se doter de solutions dans le domaine des outils danalyse financiers. Les solutions dHyperion viendront en effet compléter loffre danalyse décisionnelle dOracle, Oracle Business Intelligence Enterprise Edition, que léditeur avait réorientée il y a environ un an pour louvrir à des sources de données hétérogènes, et notamment aux applications de gestion de PeopleSoft, Siebel et SAP. Loffre se cantonnait jusque-là aux environnements Oracle.
Avec larrivée des solutions Hyperion, multi-sources de données, léditeur compte développer plus largement encore son ouverture aux autres univers. Il entend, en particulier, devenir un fournisseur de référence pour les utilisateurs de SAP dans le domaine de lanalyse financière, Hyperion comptant déjà de nombreux comptes SAP parmi ses clients.
Enfin, il y a quelques mois, un des derniers grands indépendants de la BI, Cognos est tombé dans lescarcelle dun des plus grands acteurs du logiciel : IBM. Là où Cognos était concurrent dHyperion ou de Business Objects, IBM affrontera SAP, Oracle et Microsoft. IBM a intégré Cognos à son portefeuille doffres, et cela ratisse large. Les solutions décisionnelles de léditeur canadien, racheté en novembre dernier pour près de 5 Md$, se retrouvent dans des offres conjointes, des offres verticalisées, des packages pré-configurés, des offres de services...
Trois semaines après avoir finalisé la vente, et présenté la version 3 de la plateforme décisionnelle Cognos 8 BI, IBM propose ainsi dans le cadre de sa stratégie « Information on demand » une dizaine de solutions verticales, pour la finance, le commerce de détail, ladministration, etc, capitalisant ainsi sur des modèles spécifiques à certaines industries existant dans le portefeuille des deux éditeurs. IBM propose également un « starter pack » Cognos 8 BI pour IBM InfoSphere Warehouse, son datawarehouse, afin daccélérer le déploiement de lentrepôt de données avec loffre décisionnelle. Des modèles sont aussi prévus pour intégrer les rapports issus de Cognos avec le BPM (gestionnaire de processus métier) documentaire FileNet, acquis durant lété 2006.
La plateforme Cognos est par ailleurs désormais incluse dans le catalogue des solutions matérielles et logicielles dentrepôt de données pour les petites et moyennes entreprises. Et bien évidemment GTS (Global Technology Services), la branche consulting dIBM, propose détudier et de concevoir les meilleures solutions de datawarehouse, grâce à une mise en commun des meilleures pratiques.
Le quatrième acteur majeur du décisionnel, Microsoft propose la couche décisionnelle de gestion de la performance économique, Performance Point Server 2007, qui sappuie sur SQL Server et ses outils danalyse de données. Cette offre de gestion de la performance économique vient compléter les outils décisionnels que Microsoft livre déjà avec sa base de données SQL Server (reporting, datamining, intégration de données et stockage analytique). Destinée dabord aux contrôleurs de gestion et aux directions opérationnelles, même si léditeur ambitionne de létendre au plus grand nombre dutilisateurs, elle apporte des fonctions de tableaux de bord, danalyse interactive de données (des outils issus du rachat de ProClarity) et de planification (analyse prévisionnelle de lactivité dune entreprise).
PerformancePoint Server permet dassocier consolidation financière, budgétisation, planification, simulation, scorecarding et analyse de données. Des offres très prisées en ce moment par les grands éditeurs.
Par ailleurs, Microsoft, qui veut étendre au plus grand nombre lusage des outils danalyse de données, a également fait lacquisition de SoftArtisan et de son logiciel OfficeWrite, un outil de reporting sutilisant avec le traitement de texte MS Word et le tableur Excel.
Ces rachats sonnent le glas du marché de la BI tel quon le connaissait. Finalement, ces mouvements de concentration qui touchent actuellement les spécialistes de lanalyse de données (BI) illustrent la maturité de ce marché et traduisent aussi une tendance forte de la demande vers lunification des systèmes décisionnels. Avec, en ligne de mire, une intégration au système dinformation global autour dun référentiel de données unique ; ce dernier permettant de garantir la fiabilité des informations pouvant, dès lors, être analysées de façon transversale par lensemble des directions opérationnelles de lentreprise.
Avec un bémol, tout de même. Sil est tout à fait louable de tendre vers un tel objectif, la réalisation dune application BI transversal nen reste pas moins périlleuse pour les éditeurs. Construire une plate-forme sur la base dacquisitions nécessite dinvestir des ressources considérables sur lintégration des différents produits, sans oublier la maintenance des logiciels exploités par les bases installées.
Et de rappeler que les effets de tels rachats ne seront palpables quau prochain exercice fiscal lorsque les éditeurs auront défini leurs feuilles de route. Mais quels sont les autres «grands» qui sont ou pourraient demain sintéresser à ce marché à forte valeur ajoutée ? Daprès le cabinet détudes Gartner, Teradata marierait bien avec Microstrategy et SAS ; ou encore Sun qui a racheté MySQL et dont les prédictions lui font acquérir pour compléter cette offre Jaspersoft ou Pentaho. Mais aussi, HP. La division logicielle du constructeur a déjà commencé sa réorganisation avec la création de lentité Business Information Optimization (BIO), qui se consacrera à la gestion des données. Lentité BIO sera en fait constituée de deux groupes. Le premier se focalisera sur le décisionnel (datawarehouse, applications analytiques...), en reprenant les compétences acquises via le rachat du cabinet de consulting Knightsbridge Solutions - fort de 700 consultants - ainsi que la ligne de produits Neoview (serveurs et solutions de stockage pour les entrepôts de données). Le second se spécialisera sur le stockage de linformation (archivage, administration...). Les responsables du groupe BI (décisionnel) ont déclaré que HP navait aucunement lintention de concurrencer les acteurs du décisionnel, mais plutôt de nouer des partenariats plus étroits.
Enfin, Sybase avec BI BOX qui lance un pavé dans les bases décisionnelles. BI BOX est une puissante solution stratégique clé en main, ouverte et évolutive qui répond aux exigences les plus critiques du système décisionnel. Combinant des fonctions de Data WareHouse, de génération de rapports, danalyses et de veille économique, BI BOX permet aux utilisateurs daccéder en souplesse à leurs données, daméliorer la productivité, la flexibilité et les performances de leurs systèmes décisionnels. BI BOX sappuie sur des technologies alliant Data Warehouse (Sybase IQ) et ETL (Sybase ETL).
Avec Sybase IQ, l'éditeur place sur le marché une offre hautement concurrentielle, avec un ratio performance, prix, délais de mise en uvre très attractif comparativement aux bases de données traditionnelles. Sybase IQ, le plus grand Data Warehouse au monde,constitue un choix pertinent pour moderniser les systèmes en place ou pour mettre en uvre de nouvelles applications. Quand à Sybase ETL, il extrait et transforme les données issues des systèmes opérationnels et sources externes puis les charges dans un référentiel unique. Sybase ETL allie développement convivial et capacité de montée en charge inégalés grâce à une architecture GRID unique. En tant quoutil logiciel robuste, Sybase ETL vous affranchit du développement fastidieux en vous garantissant un retour sur investissement rapide. l