Les précurseurs de «Tablet PC»
En 1989, Grid Computing sort le «GridPad», ordinateur à écran tactile encore lourd et compliqué d'utilisation. Deux ans plus tard, Go Corp développe une tablette baptisée «Eon», fonctionnant entièrement au moyen d'un stylet. Et en 1993, Apple se met à produire le PDA Newton, premier assistant de poche à user du stylet numérique. Windows lui emboîtera le pas un an plus tard, avec le «Winpad».
S'ils fonctionnent tous comme des accessoires parfois utiles, aucun d'entre eux n'est conçu comme un véritable ordinateur principal. Et face aux difficultés technologiques liées à la reconnaissance de l'écriture manuscrite, le stylet numérique semble devoir se contenter d'égayer les PDA comme le «Graffiti» de Palm Computing en 1994.
L'idée d'user de son ordinateur à l'aide d'un simple bic retrouvera des couleurs au tournant du millénaire : alors que certains, comme Fujitsu, se spécialisent dans des «Pen Tablet» réservées à des marchés de niches (médecine, assurance, etc.), d'autres développent leurs propres applications : Gateway produit un système d'accès à internet basé sur le stylet et l'écran tactile. Sony présente «Vaio Slimtop», conçu pour dessiner directement sur l'écran. IBM sort pour sa part «TransNote», mini-ordinateur portable permettant de capturer des notes. Même Intel s'y met avec la «Web Tablet», appareil sans fil nécessitant encore un PC comme station de base, mais qui se destine pour la première fois à une utilisation plus familiale que professionnelle.
Autonomie défaillante, reconnaissance encore hésitante, poids des machines, et surtout manque flagrant de standardisation : les tablettes graphiques n'avaient jusqu'ici guère convaincu les utilisateurs (Sony et IBM ont même abandonné la production de leurs machines). L'arrivée de Microsoft et d'une quinzaine de constructeurs enfin alignés pourrait enfin changer le cours des choses.·