Stellantis a présenté FaSTLAne 2030, un plan stratégique de 60 milliards d’euros sur cinq ans destiné à renforcer sa croissance et sa rentabilité. L’annonce a été faite le 21 mai 2026 lors de l’Investor Day organisé au siège nord-américain du groupe, à Auburn Hills, dans le Michigan.
Le constructeur entend s’appuyer sur ses marques, sa présence internationale, son ancrage régional et une allocation plus stricte de ses investissements. Le plan met aussi l’accent sur la proximité avec les clients, la discipline industrielle et la recherche de création de valeur dans les régions et les activités jugées les plus porteuses.
Antonio Filosa, CEO de Stellantis, a présenté FaSTLAne 2030 comme le résultat de plusieurs mois de travail menés à l’échelle du groupe. Selon lui, cette feuille de route vise une croissance rentable sur le long terme, avec le client placé au centre des décisions. Il a également mis en avant les atouts du groupe, entre présence mondiale, marques fortes, partenaires distributeurs, innovation et excellence opérationnelle.
Le plan repose sur six axes. Stellantis prévoit d’abord une gestion plus ciblée de son portefeuille de marques. D’ici 2030, le groupe annonce plus de 60 nouveaux véhicules et 50 restylages majeurs, couvrant l’ensemble de ses marques et de ses motorisations. Cette offensive comprendra 29 modèles entièrement électriques, 15 véhicules hybrides rechargeables ou électriques à autonomie étendue, 24 hybrides et 39 modèles thermiques ou hybrides légers.
Le groupe concentrera une grande partie de ses moyens sur Jeep, Ram, Peugeot et FIAT, considérées comme les quatre marques mondiales les plus à même de générer des volumes et de la rentabilité. Elles serviront de premiers relais pour les nouveaux programmes et les technologies à déploiement international. Avec Pro One, l’activité dédiée aux véhicules utilitaires, elles absorberont 70 pour cent des investissements prévus dans les marques et les produits.
Les marques régionales Chrysler, Dodge, Citroën, Opel et Alfa Romeo continueront de s’appuyer sur les technologies communes du groupe, tout en renforçant leur différenciation sur leurs marchés. DS Automobiles et Lancia seront pilotées respectivement par Citroën et FIAT, avec un positionnement de marques de spécialité. Maserati fera l’objet d’un travail spécifique, avec deux nouveaux véhicules du segment E et une feuille de route annoncée pour décembre 2026 à Modène.
Stellantis prévoit aussi d’investir plus de 24 milliards d’euros dans ses plateformes, ses motorisations et ses technologies mondiales. Les futures architectures seront conçues pour accroître la modularité, réduire les coûts et améliorer la compétitivité. À l’horizon 2030, la moitié des volumes annuels mondiaux devrait être produite sur trois plateformes, dont la nouvelle STLA One.
L’offre de motorisations sera élargie afin de maintenir plusieurs options pour les clients. Le groupe prévoit de développer de nouveaux hybrides, de nouveaux modèles 100 pour cent électriques et des moteurs thermiques à haut rendement. D’ici 2030, près de la moitié des volumes annuels mondiaux devraient reposer sur des motorisations transrégionales.
La technologie occupe une place centrale dans cette stratégie, mais Stellantis affirme vouloir la mettre au service d’usages concrets. Le groupe prévoit le déploiement progressif de STLA Brain, son architecture logicielle et électronique, de STLA SmartCockpit, dédié à l’expérience à bord, et de STLA AutoDrive, son système de conduite autonome évolutif. À partir de 2030, 35 pour cent des volumes annuels mondiaux devraient intégrer au moins l’une de ces technologies, avant une montée à plus de 70 pour cent en 2035.
Le constructeur entend également accélérer ses partenariats. Avec Leapmotor, Stellantis prévoit d’approfondir la coopération commerciale, industrielle et achats, notamment autour des sites de Madrid et Saragosse. Avec Dongfeng, le groupe veut ouvrir une nouvelle étape au sein de la coentreprise DPCA en Chine, avec deux modèles Peugeot et deux modèles Jeep destinés au marché chinois et à d’autres régions. Une coentreprise européenne avec Dongfeng est aussi envisagée, avec un démarrage prévu à Rennes.
D’autres coopérations sont mises en avant, notamment avec Tata en Asie-Pacifique, au Moyen-Orient, en Afrique et en Amérique du Sud, ainsi qu’avec Jaguar Land Rover aux États-Unis. Stellantis cite également des partenariats technologiques avec Applied Intuition, Qualcomm, Wayve, NVIDIA, Uber, Mistral AI et CATL, dans des domaines allant du logiciel à l’intelligence artificielle, en passant par l’aide à la conduite et les batteries.
Le volet industriel prévoit une meilleure utilisation des capacités de production. En Europe, Stellantis veut réduire sa capacité de plus de 800.000 unités grâce à la reconversion de certains sites et au développement de partenariats, tout en préservant l’emploi industriel. Le taux d’utilisation des capacités européennes doit passer de 60 à 80 pour cent d’ici 2030. Aux États-Unis, la hausse de la production doit aussi porter ce taux à 80 pour cent. Au Moyen-Orient et en Afrique, le groupe vise une utilisation complète des capacités grâce à une localisation accrue de la production.
FaSTLAne 2030 met également l’accent sur l’exécution. Stellantis veut ramener le délai de développement des véhicules à 24 mois, contre jusqu’à 40 mois aujourd’hui. Le groupe vise aussi une amélioration de la qualité dans toutes les régions et table sur 6 milliards d’euros de réductions de coûts annuelles d’ici 2028, par rapport à 2025, grâce à son programme pluriannuel de création de valeur. Plus de 120 applications d’intelligence artificielle sont déjà déployées dans ses opérations.
La dernière partie du plan porte sur la responsabilisation des régions. Stellantis souhaite rapprocher davantage les décisions des marchés locaux, en donnant aux équipes régionales les moyens d’adapter les produits et les priorités aux attentes des clients.
En Amérique du Nord, le groupe vise une hausse de 25 pour cent du chiffre d’affaires et une marge opérationnelle ajustée comprise entre 8 et 10 pour cent. Cette région recevra 60 pour cent des 36 milliards d’euros d’investissements destinés aux marques et aux produits. En Europe élargie, Stellantis vise une croissance de 15 pour cent du chiffre d’affaires et une marge de 3 à 5 pour cent, portée notamment par une offensive sur le segment C et l’arrivée d’une nouvelle génération de véhicules électriques urbains produits en Europe.
En Amérique du Sud, le groupe cible une progression de 10 pour cent du chiffre d’affaires et une marge de 8 à 10 pour cent, en s’appuyant sur ses positions au Brésil et en Argentine. Au Moyen-Orient et en Afrique, Stellantis vise une croissance de 40 pour cent du chiffre d’affaires et une marge de 10 à 12 pour cent. En Asie-Pacifique, l’objectif est une marge de 4 à 6 pour cent, avec une stratégie fondée sur les partenariats et les exportations vers d’autres régions.
Le groupe doit présenter le volet financier détaillé de FaSTLAne 2030 lors d’une session dédiée de son Investor Day.

















































