Khouribga ouvre le débat sur le futur digital du cinéma africain

Le Festival international du cinéma africain de Khouribga a ouvert sa 26e édition avec un thème tourné vers les mutations du secteur. Sous l’intitulé « Entre streaming et rêve, le dilemme africain », le FICAK place cette année la question des nouvelles formes de diffusion au cœur des échanges autour du cinéma africain.

Jusqu’au 6 juin, le festival réunit à Khouribga cinéastes, artistes, critiques et professionnels autour d’une programmation mêlant compétitions, projections, rencontres, hommages et débats. Placée sous le Haut Patronage de S.M le Roi Mohammed VI, cette édition met en lumière les tensions actuelles entre les ambitions créatives du continent et les transformations imposées par les plateformes numériques.

Le directeur du festival, Iz-eddine Gourirran, a rappelé que le FICAK s’est imposé au fil des années comme un espace de dialogue entre les créateurs africains. Il a souligné son rôle dans la valorisation des récits du continent, mais aussi dans le dynamisme culturel et économique de Khouribga, à travers le tourisme culturel, les échanges professionnels et la promotion du Maroc comme destination culturelle.

La dimension technologique du thème de cette édition donne une résonance particulière aux discussions. Le streaming modifie les modes d’accès aux films, les habitudes du public et les trajectoires de diffusion des œuvres. Le festival choisit ainsi d’interroger la place du cinéma africain dans un environnement où les écrans se multiplient, mais où les salles, les festivals et les rencontres professionnelles restent essentiels à la construction d’un véritable écosystème.

La cérémonie d’ouverture a également rendu hommage à Younès Megri, salué pour son parcours artistique et sa contribution au paysage culturel et cinématographique national. L’artiste a exprimé son émotion face à cette reconnaissance, en évoquant ses débuts dans une famille où la musique et l’art occupaient une place centrale, avant son passage vers le cinéma.

La République démocratique du Congo, invitée d’honneur de cette 26e édition, occupe une place importante dans la programmation. Le festival lui consacre des projections, des rencontres avec des réalisateurs, critiques et artistes congolais, ainsi que des colloques autour de l’histoire et des perspectives de son cinéma.

Deux compétitions officielles rythment cette édition. Quatorze longs métrages africains et treize courts métrages sont en lice. Pour Alex Moussa Sawadogo, président du jury des longs métrages, la qualité et la diversité des films sélectionnés annoncent des échanges riches avant la désignation du palmarès.

Le FICAK entend ainsi préserver son rôle de lieu de projection et de débat, tout en regardant les transformations numériques qui redessinent l’avenir du cinéma africain. À Khouribga, l’enjeu n’est pas seulement de célébrer les films, mais aussi de réfléchir à la manière dont ils circulent, rencontrent leur public et trouvent leur place dans une industrie en pleine mutation.

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