Le Fonds d’adaptation salue le modèle marocain de financement climatique

L’accès direct aux financements climatiques place l’expérience marocaine parmi les références mises en avant par le Fonds d’adaptation. Son directeur, Mikko Ollikainen, a salué mardi à Rabat les mécanismes développés pour financer et piloter des projets consacrés à la résilience face aux changements climatiques.

Lors de l’ouverture du Séminaire annuel des Entités nationales de mise en œuvre, le responsable a particulièrement souligné le travail mené par l’Agence pour le développement agricole. Le partenariat entre l’ADA et le Fonds d’adaptation s’étend désormais sur plus d’une décennie et permet aux institutions nationales de gérer directement les projets financés.

Parmi les réalisations citées figure le Projet d’adaptation aux changements climatiques dans les zones oasiennes. Doté de 10 millions de dollars, le PACCZO a notamment permis de moderniser le système traditionnel d’irrigation des khettaras. Selon les données présentées lors de la rencontre, 1,7 million de personnes ont bénéficié des actions destinées à renforcer leur résistance au stress hydrique.

Cette expérience doit désormais connaître un prolongement dans le bassin du Drâa. L’ADA a soumis au Fonds d’adaptation un nouveau projet sollicitant 20 millions de dollars de financement. Prévu sur cinq ans dans les provinces de Ouarzazate, Zagora et Tinghir, il porte sur la préservation des oasis, la gestion des ressources en eau, l’agriculture adaptée aux contraintes climatiques et la diversification des sources de revenus. Les femmes et les jeunes ruraux figurent parmi les bénéficiaires prioritaires.

Les besoins financiers restent toutefois considérables. Rachid Tahiri, directeur du Climat et de la biodiversité au ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, les a évalués à 306 milliards de dollars à l’horizon 2035. Près des deux tiers de cette somme concernent le secteur de l’eau.

L’agriculture occupe une place centrale dans ces enjeux. Le directeur général de l’ADA, El Mahdi Arrifi, a rappelé que le secteur représente en moyenne entre 12 et 14 % du PIB et assure directement ou indirectement les moyens de subsistance de près de 40 % de la population active. La répétition des épisodes de sécheresse renforce ainsi la nécessité d’investir dans l’adaptation.

Le défi dépasse largement le cadre national. Razi Bouzekri, secrétaire général du Département du développement durable, a indiqué que les besoins mondiaux consacrés à l’adaptation climatique sont désormais 12 à 14 fois supérieurs aux financements publics internationaux disponibles, en se référant aux données du Programme des Nations unies pour l’environnement.

Il a appelé à rendre les ressources du Fonds d’adaptation plus prévisibles, notamment par des engagements sur plusieurs années et un élargissement du nombre de contributeurs. L’objectif est de permettre aux projets ayant démontré leur efficacité d’être poursuivis ou reproduits à plus grande échelle.

Le mécanisme d’accès direct permet aux institutions nationales de concevoir et de gérer leurs projets sans passer par des intermédiaires internationaux. Ses premiers jalons remontent à la COP7 organisée à Marrakech en 2001.

Réuni à Rabat du 15 au 17 septembre, le séminaire rassemble des représentants de 33 entités accréditées ainsi que des membres du secrétariat du Fonds d’adaptation. Les échanges portent notamment sur l’accès aux financements, le suivi des projets, les procédures d’accréditation et le renforcement des capacités institutionnelles.

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