Les prix des carburants pourraient connaître une nouvelle flambée au Maroc sous l’effet des tensions géopolitiques et de la hausse des cours internationaux, avec un litre de gasoil susceptible d’approcher les 18 dirhams.
À mesure que les tensions géopolitiques s’intensifient au Moyen-Orient, les répercussions se font déjà sentir jusque dans les stations-service marocaines. En l’espace de quelques semaines, les équilibres habituels du marché énergétique ont été bouleversés, laissant planer la menace d’un nouveau choc sur les prix à la pompe, avec un litre de gasoil susceptible d’atteindre un seuil critique de 18 dirhams.
Ce scénario, avancé par Houcine El Yamani, intervient dans un contexte international particulièrement instable. Le baril de Brent, indicateur clé des marchés pétroliers, a connu une progression fulgurante, passant de 73 dollars à 114 dollars en moins d’un mois. Une hausse brutale qui ne se limite pas au pétrole brut : les produits raffinés, à l’image du gasoil, ont enregistré des augmentations encore plus marquées, révélant un déséquilibre profond dans la chaîne de valeur énergétique.
Au Maroc, cette flambée se traduit mécaniquement par une pression accrue sur les prix finaux. Si le coût international du gasoil tourne actuellement autour de 11 dirhams le litre, l’ajout des charges logistiques, des taxes – estimées à environ 5 dirhams – et des marges de distribution – proches de 2 dirhams – propulse rapidement la facture vers des niveaux difficilement soutenables pour les consommateurs.
Dans les faits, cette hausse potentielle intervient à un moment déjà délicat pour les ménages marocains, confrontés à une érosion progressive du pouvoir d’achat. Les dispositifs de soutien mis en place, notamment en faveur des professionnels du transport, apparaissent insuffisants pour contenir un choc d’une telle ampleur, qui toucherait l’ensemble de l’économie, du coût des marchandises aux services du quotidien.
Au-delà de l’urgence conjoncturelle, cette situation remet sur la table un débat structurel majeur : celui de la souveraineté énergétique du Maroc. L’écart croissant entre le prix du brut et celui des produits raffinés, estimé à plus de 4 dirhams par litre, représente un manque à gagner colossal pour l’économie nationale, évalué à près de 30 milliards de dirhams par an pour le seul gasoil.
Dans ce contexte, plusieurs pistes refont surface avec insistance : encadrement des marges des distributeurs, ajustement temporaire de la fiscalité ou encore relance des capacités nationales de raffinage, notamment à travers la raffinerie de Mohammedia. Des options qui traduisent une prise de conscience croissante face à la vulnérabilité énergétique du pays, mais dont la mise en œuvre reste suspendue à des arbitrages politiques et économiques complexes.
Alors que les marchés internationaux demeurent sous tension, le Maroc se retrouve à un carrefour stratégique, où chaque décision pourrait redéfinir durablement l’équilibre entre stabilité économique et dépendance énergétique.



















































