BMI, filiale de Fitch Solutions, maintient une prévision de croissance de 4,1 % pour l’économie marocaine en 2026 comme en 2027. Ce rythme resterait inférieur aux 4,6 % enregistrés en 2025, mais dépasserait largement la moyenne des dix dernières années, estimée à 2,6 %.
La note identifie trois appuis majeurs pour l’activité. L’investissement devrait rester le premier moteur, malgré un ralentissement attendu après les niveaux élevés observés en 2024 et 2025. BMI anticipe une progression proche de 7 %, un rythme encore supérieur à la moyenne décennale de 6,2 %.
Cette dynamique serait portée par les chantiers d’infrastructures de transport et de logistique liés à la préparation de la Coupe du monde 2030, mais aussi par les investissements des entreprises publiques dans l’énergie et les infrastructures. L’OCP prévoit notamment de mobiliser entre 25 et 30 milliards de dirhams par an jusqu’en 2027 pour augmenter ses capacités de production d’engrais et développer ses projets dans les énergies renouvelables.
Le secteur privé devrait également contribuer davantage à l’effort d’investissement. BMI relève une accélération du crédit bancaire accordé aux entreprises privées non financières. En avril 2026, cette catégorie de crédit a enregistré sa plus forte progression réelle depuis plus de cinq ans, dans un contexte marqué par un reflux des taux d’intérêt après les sommets atteints début 2024.
L’agriculture constitue un autre levier de croissance pour 2026. La valeur ajoutée agricole représentait 8,1 % du PIB en 2025. Des conditions météorologiques plus favorables ont permis une hausse de plus de 120 % de la production de blé et d’orge en glissement annuel. Les céréales représentent habituellement entre 40 % et 55 % du tonnage agricole total.
Ce rebond devrait aider à amortir une partie des effets négatifs liés aux tensions au Moyen-Orient, notamment les perturbations des chaînes d’approvisionnement et la pression sur les coûts dans certains secteurs. BMI estime aussi que la hausse attendue de l’emploi agricole, particulièrement dans les zones rurales, soutiendrait les revenus des ménages.
La consommation devrait conserver un rôle important dans la croissance. BMI prévoit une progression d’environ 3,4 % en 2026, malgré les tensions géopolitiques et les pressions inflationnistes qui continuent de peser sur le pouvoir d’achat. Ce rythme resterait supérieur à la moyenne de long terme, établie à 2,3 %.
Plusieurs indicateurs confirment la résistance de la demande intérieure. Les ventes du principal distributeur multiformat du Royaume ont progressé de 4,2 % en termes réels au premier trimestre 2026 par rapport à la même période de l’année précédente, après une croissance presque nulle un an plus tôt. Les ventes de voitures particulières ont, de leur côté, augmenté de 22,9 % en glissement annuel à fin avril 2026, prolongeant la tendance observée en 2025.
L’activité industrielle demeure également soutenue. Le taux moyen d’utilisation des capacités de production a atteint 77,7 % au premier trimestre 2026, un niveau proche du pic d’environ 80 % relevé fin 2025. Selon BMI, de tels niveaux ont souvent accompagné des phases de croissance économique robuste.
La note reste toutefois prudente sur les risques. Une inflation plus forte que prévu pourrait réduire davantage le pouvoir d’achat et freiner la consommation des ménages. Un ralentissement des investissements publics, une baisse marquée des IDE ou un retour de Bank Al-Maghrib à une politique de relèvement des taux constitueraient aussi des freins possibles.
Les perspectives marocaines restent également exposées à la demande européenne. Un ralentissement plus prononcé dans les principaux marchés partenaires pèserait sur les exportations. Le soutien attendu du secteur agricole pourrait, lui aussi, être réduit si d’autres cultures importantes affichaient des résultats moins favorables ou si une sécheresse sévère revenait en 2027.














































