Hydro Industries s’installe au Maroc avec la création d’une filiale basée à Casablanca. L’entreprise britannique spécialisée dans le traitement de l’eau a constitué Hydro Services Morocco en mars 2026, avec un capital social d’environ 110 000 dollars.
La nouvelle entité pourra intervenir dans la conception, la construction, l’exploitation et la maintenance d’installations dédiées au traitement et au transfert de l’eau. Son périmètre couvre également le prétraitement, l’assainissement, les eaux usées domestiques et industrielles, ainsi que le dessalement de l’eau de mer et des eaux saumâtres.
Hydro Services Morocco prévoit aussi de commercialiser des équipements spécialisés et de proposer des prestations de conseil, d’analyse de la qualité de l’eau et d’assistance technique. Aucun contrat remporté dans le Royaume n’a toutefois été annoncé à ce stade.
Cette implantation intervient alors que le Maroc accélère fortement le développement de ses capacités de dessalement. La part de l’eau potable issue de cette technologie doit atteindre 60 pour cent à l’horizon 2030, contre près de 25 pour cent actuellement.
La production annuelle d’eau dessalée devrait passer d’environ 320 millions à 1,7 milliard de mètres cubes. Dix-sept stations sont déjà opérationnelles et quatre autres sont en cours de réalisation.
Casablanca concentre l’un des principaux projets du programme national. La future station doit atteindre une capacité totale de 300 millions de mètres cubes par an. Une première tranche de 200 millions de mètres cubes annuels est attendue avant la fin de 2026.
D’autres projets sont prévus à Safi, El Jadida et Dakhla. La station programmée dans cette dernière ville doit être alimentée par de l’énergie éolienne. En parallèle, 244 unités mobiles sont déployées pour répondre aux besoins des zones rurales, dont plus de la moitié auraient déjà été livrées.
Les pouvoirs publics souhaitent également augmenter la participation des entreprises et fournisseurs marocains dans ces projets. Le taux d’intégration locale, actuellement estimé à 30 pour cent, doit atteindre 70 pour cent d’ici 2030. Le recours aux énergies renouvelables doit par ailleurs prendre une place croissante dans les prochaines infrastructures.
Cette montée en puissance répond à une pression durable sur les ressources hydriques. La disponibilité annuelle en eau douce renouvelable se situe autour de 600 mètres cubes par habitant, en dessous du seuil international de rareté fixé à 1 000 mètres cubes.
Le marché marocain du dessalement pourrait ainsi passer d’environ 400 millions de dollars en 2024 à près de 850 millions de dollars en 2033. Cette trajectoire attire les entreprises actives dans l’ingénierie, la construction, les équipements et l’exploitation des installations hydriques.
Créée en 2010, Hydro Industries développe des solutions destinées aux collectivités et aux industriels. Ses activités portent sur l’épuration, la production d’eau potable et la purification de l’eau utilisée dans les procédés industriels.
Le groupe affirme être présent au Royaume-Uni, en Égypte et en Arabie saoudite, avec des implantations à Londres, Riyad, au Caire et à Bahreïn. Il a également obtenu récemment deux projets en Équateur, estimés respectivement à 15,3 millions et 8 millions de dollars.
Les comptes britanniques de l’exercice clos en mai 2024 font toutefois apparaître une baisse de plusieurs indicateurs. Les actifs nets sont passés de 10,52 millions à 5,25 millions de livres sterling, tandis que les actifs courants ont reculé de 9,33 millions à 5,64 millions de livres.
Les stocks ont diminué de 5,27 millions à 3,80 millions de livres et les créances commerciales de 3,45 millions à 1,83 million. La valeur des immobilisations corporelles est, elle, tombée de 1,35 million à 341 325 livres.
La trésorerie disponible s’élevait à 10 571 livres à la clôture de l’exercice, contre 610 092 livres un an auparavant. L’effectif moyen a également reculé, passant de 34 à 28 salariés.
Les documents financiers ne détaillent pas les causes de ces évolutions. Les dirigeants ont néanmoins maintenu les comptes selon le principe de continuité d’exploitation, considérant que l’entreprise disposait des ressources nécessaires pour poursuivre son activité.
Avec Hydro Services Morocco, le groupe britannique se dote désormais d’une structure locale pour se positionner sur les futurs appels d’offres et développer ses services dans le Royaume. Son implantation lui ouvre l’accès à un marché en croissance, même si son développement dépendra de l’obtention de premiers contrats au Maroc.















































