Le Fonds monétaire international appelle l’Afrique à revoir les bases de sa croissance. Dans une analyse publiée jeudi sous le titre L’Afrique a besoin d’un nouveau départ en matière de croissance, l’institution estime que le modèle largement soutenu par l’investissement public atteint ses limites.
Le FMI inscrit ce diagnostic dans un environnement mondial plus contraint. L’endettement élevé, la hausse des coûts d’emprunt, le recul de l’aide extérieure et la réduction des marges budgétaires fragilisent la capacité des États à continuer de porter seuls l’effort d’investissement.
L’institution basée à Washington plaide donc pour une réorientation progressive vers un modèle davantage tiré par l’investissement privé, les gains de productivité et la création d’emplois de meilleure qualité. L’enjeu est particulièrement important en Afrique subsaharienne, où le rythme actuel de croissance reste jugé insuffisant pour améliorer durablement les niveaux de vie.
Le FMI insiste sur la nécessité de réformes structurelles capables de renforcer la confiance des investisseurs et de soutenir l’activité productive. Il cite notamment les entreprises publiques, en particulier dans l’énergie et les transports. Des tarifs maintenus en dessous des coûts réels réduisent, selon l’analyse, les capacités d’investissement et dégradent la qualité des services.
La gouvernance occupe aussi une place centrale dans les recommandations du Fonds. Des réformes solides dans ce domaine peuvent renforcer la confiance, encourager l’investissement et améliorer la capacité des États à mobiliser leurs propres ressources.
Le FMI reconnaît toutefois que ces transformations ne peuvent réussir que si elles sont bien mises en œuvre et politiquement acceptables. Leurs effets apparaissent souvent à moyen terme, alors que les résistances se manifestent rapidement. L’institution recommande donc des réformes progressives, inclusives et accompagnées de mécanismes de protection pour les populations les plus vulnérables.
Le message du Fonds est clair. Sans réformes bien séquencées et engagées dès maintenant, les pays africains risquent de manquer une nouvelle phase de convergence économique au cours de la prochaine décennie.
À l’inverse, une mise en œuvre réussie pourrait permettre de transformer les efforts de stabilisation macroéconomique en croissance durable, en emplois de qualité et en amélioration concrète des conditions de vie d’une population jeune en forte expansion.

















































