Le Maroc veut renforcer son rôle de plateforme régionale pour accompagner l’émergence d’entreprises africaines capables de grandir sur le continent et de se projeter à l’international. Cette ambition a été portée jeudi à Kigali par Karim Zidane, ministre délégué chargé de l’Investissement, de la Convergence et de l’Évaluation des politiques publiques, lors de l’Africa CEO Forum 2026.
Devant les participants à la session Invest in Morocco, le ministre a expliqué que l’enjeu ne se limite plus à attirer les capitaux. Il s’agit aussi d’aider les entreprises africaines à changer d’échelle, à innover, à mieux s’intégrer dans les chaînes de valeur régionales et à sortir de leurs marchés nationaux.
Karim Zidane a inscrit cette orientation dans la vision portée par S.M le Roi Mohammed VI, en rappelant le choix du Royaume de construire une économie compétitive, ouverte, industrialisée et pleinement arrimée à son environnement africain. Cette approche repose, selon lui, sur le co-développement, la prospérité partagée et la complémentarité économique entre pays du continent.
Le ministre a rappelé, dans ce cadre, les nombreuses visites effectuées par le Souverain en Afrique, dont celle menée au Rwanda en 2016, présentée comme l’un des marqueurs de l’engagement marocain en faveur d’une intégration économique africaine plus poussée.
Le Royaume a fait de l’Afrique un axe central de sa politique d’investissement et de coopération. Karim Zidane a souligné que le Maroc figure aujourd’hui parmi les principaux investisseurs africains sur le continent, avec une présence marquée dans la banque, les télécommunications, l’agriculture et les énergies renouvelables. Il a notamment cité le Groupe OCP, Attijariwafa Bank, Bank of Africa, la BCP et Maroc Telecom.
Pour le ministre, les champions régionaux ne naissent pas par hasard. Leur développement suppose une vision de long terme, une gouvernance lisible, des infrastructures solides, un tissu entrepreneurial dynamique et une volonté politique tournée vers la transformation économique.
Dans cette logique, il a mis en avant les réformes engagées par le Maroc pour moderniser son cadre d’investissement. La nouvelle Charte de l’investissement, entrée en vigueur en 2023, a permis, selon lui, de mettre en place des incitations plus ciblées, plus transparentes et davantage orientées vers l’impact, notamment en matière d’emploi, de durabilité, d’intégration locale et de modernisation territoriale et sectorielle.
Karim Zidane a indiqué que 381 conventions d’investissement et avenants ont été approuvés depuis l’entrée en vigueur de cette Charte, pour un montant global d’environ 581 milliards de dirhams. Ces projets devraient permettre la création de plus de 245.000 emplois directs et indirects. Les investissements directs étrangers sont, eux, passés de 4 milliards de dollars en 2023 à plus de 6 milliards de dollars en 2025, soit une progression de plus de 50 pour cent en deux ans.
Le ministre a également mis en avant la stabilité du Royaume, la qualité de ses infrastructures, son réseau d’accords de libre-échange, sa proximité avec l’Europe, son capital humain qualifié et son engagement dans les transitions verte et numérique.
Le Maroc entend ainsi accueillir davantage d’investissements, tout en servant de tremplin industriel et de pôle de croissance pour les entreprises tournées vers l’Afrique et au-delà.
La délégation marocaine conduite par Karim Zidane réunit notamment des représentants de l’AMDIE, de l’ONHYM, du Groupe OCP et de l’Université Mohammed VI Polytechnique. Des acteurs privés opérant dans la banque, la finance, les assurances, les mines, les hydrocarbures, la pharmacie et l’industrie prennent également part à cette rencontre.

















































