Les travaux du colloque international AI for Impact, consacré à l’intelligence artificielle, à la cybersécurité et au management des organisations, ont débuté jeudi à Casablanca.
Organisée par SUP’RH, School of Management and Artificial Intelligence, cette rencontre réunit des enseignants-chercheurs, des experts, des responsables académiques, des acteurs institutionnels, des professionnels et des étudiants. Les échanges portent sur les mutations liées à l’intelligence artificielle, la sécurité numérique, la gouvernance des organisations, la propriété intellectuelle et la recherche scientifique.
Lors de la cérémonie d’ouverture, la présidente de SUP’RH, Hind Moutawakkil, a présenté ce rendez-vous comme un lieu de réflexion et de dialogue autour de l’IA, envisagée comme un moteur de transformation, d’innovation, de confiance numérique et de création de valeur pour les entreprises comme pour la société.
Elle a souligné que l’intelligence artificielle ne relève pas seulement de l’innovation technologique, mais qu’elle transforme déjà les compétences, les métiers, les modèles éducatifs, les équilibres économiques et sociaux, ainsi que les systèmes de gouvernance. Selon elle, la question centrale n’est plus d’opposer la technologie à l’humain, mais de bâtir une IA capable de créer de la valeur sans accentuer les inégalités, de renforcer la compétitivité tout en préservant la confiance, et de favoriser l’innovation sans perdre sa dimension humaine.
Hind Moutawakkil a rappelé que SUP’RH avait fait, il y a quelques années, le choix stratégique d’intégrer l’intelligence artificielle au cœur de son positionnement. Elle a décrit l’établissement comme une business school à forte identité technologique, formant des managers capables de comprendre les enjeux de l’IA et de la transformation digitale.
Le thème AI for Impact a été retenu pour interroger les effets concrets de l’intelligence artificielle sur les citoyens, les entreprises, la recherche, l’innovation et la souveraineté numérique. La présidente de SUP’RH a insisté sur la nécessité de penser cette technologie avec responsabilité, afin d’en faire un levier de progrès plutôt qu’un facteur de risque.
La cybersécurité occupe également une place importante dans les travaux du colloque. Pour Hind Moutawakkil, l’évolution des systèmes intelligents s’accompagne de menaces plus complexes, ce qui fait de la sécurité numérique un enjeu désormais central.
La conférence inaugurale a été animée par Aawatif Hayar, ancienne ministre de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille, autour du management des ressources humaines centré sur l’humain à l’ère d’une IA frugale, souveraine et sociale.
Elle a insisté sur l’importance du capital humain dans les stratégies de développement des organisations. Selon elle, l’avenir de l’humanité ne dépendra pas uniquement des algorithmes, mais de femmes et d’hommes bien formés, qualifiés et capables de mobiliser leur créativité comme leur intelligence émotionnelle.
Experte internationale en politiques sociales, intelligence artificielle et villes intelligentes, frugales et sociales, Aawatif Hayar a mis en avant le rôle que peut jouer l’IA sociale dans le développement du capital humain. Elle a aussi évoqué les risques liés à cette technologie, notamment en matière de souveraineté, de cybersécurité, de consommation énergétique, de protection des données personnelles et de durabilité.
Elle a également développé la notion d’intelligence hybride, qu’elle présente comme une collaboration étroite entre l’intelligence artificielle et l’humain, au service de solutions inclusives et utiles à l’humanité.
En marge de l’ouverture, SUP’RH a signé deux conventions de partenariat avec l’Université Hassan II de Casablanca et l’Université Hassan 1er de Settat.
Le programme du colloque comprend trois panels consacrés à l’IA et à la transformation des organisations, à la cybersécurité, à la gouvernance numérique et à la résilience, ainsi qu’à l’innovation et à la propriété intellectuelle. Une séquence dédiée à la valorisation scientifique et une session spéciale réservée aux étudiants figurent également au programme.

















































