L’ONU presse Etats et entreprises d’agir face aux risques de l’IA

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé lundi les Etats et les entreprises technologiques à accélérer la mise en place de règles adaptées au rythme de développement de l’intelligence artificielle.

Dans une lettre adressée aux gouvernements et aux principaux développeurs, il estime que les systèmes les plus avancés, notamment les modèles dits agentiques, font peser des risques croissants sur les droits fondamentaux, les services essentiels et les institutions démocratiques.

Volker Türk alerte notamment sur les conséquences potentielles d’une dépendance accrue à des systèmes capables d’agir de manière autonome. Il évoque des risques touchant l’accès à l’eau, au chauffage, aux services financiers ou encore aux infrastructures critiques.

Le responsable onusien souligne également les dangers liés à l’utilisation de l’IA dans les conflits, ainsi qu’à l’affaiblissement des dispositifs destinés à prévenir le recours aux armes de destruction massive.

D’autres atteintes sont déjà visibles selon lui. La collecte massive de données, la multiplication des outils de surveillance, l’automatisation de certains services publics et privés et la diffusion de contenus trompeurs générés par l’IA peuvent porter atteinte à la vie privée et fragiliser le débat public.

La désinformation figure parmi les principaux sujets de préoccupation. Son amplification par l’intelligence artificielle peut, selon le Haut-Commissaire, accentuer les tensions sociales et exercer une pression supplémentaire sur les institutions démocratiques.

Les entreprises développant les modèles les plus puissants sont appelées à instaurer des procédures strictes d’évaluation des risques liés aux droits humains. Volker Türk préconise également des normes communes de sécurité, un contrôle interne indépendant et un suivi permanent des effets produits par ces technologies.

Les Etats accueillant les principaux acteurs du secteur sont, de leur côté, invités à imposer des obligations plus fortes et à demander des comptes aux entreprises qui ne respecteraient pas ces exigences.

Le Haut-Commissaire souhaite également voir se développer des mécanismes indépendants capables de vérifier les capacités des systèmes agentiques et d’évaluer leurs conséquences concrètes.

Pour l’ONU, la gouvernance de l’intelligence artificielle ne peut pas être laissée à l’initiative d’un seul pays ou d’un nombre limité d’entreprises. Volker Türk appelle à une coordination internationale fondée sur le droit des droits de l’homme et à des décisions prises de manière transparente.

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