Microsoft veut sortir de l’ombre d’OpenAI dans l’intelligence artificielle

Microsoft veut reprendre la main sur son récit dans l’intelligence artificielle. Lors de sa conférence Build, le groupe a multiplié les annonces autour de ses propres modèles, de ses agents IA et de nouveaux outils intégrés à Copilot, dans une séquence qui ressemble à une volonté d’émancipation progressive vis-à-vis d’OpenAI.

Pendant plusieurs années, Microsoft a construit une grande partie de sa stratégie IA autour de son partenariat avec OpenAI. Cette relation reste importante, mais elle a évolué. Fin avril, Microsoft expliquait qu’elle demeurait le principal partenaire cloud d’OpenAI, tout en précisant que cette dernière pouvait désormais proposer ses produits à ses clients, quel que soit leur fournisseur cloud. La licence accordée à Microsoft sur les technologies d’OpenAI devient également non exclusive.

Ce changement laisse davantage de marge à OpenAI, mais pousse aussi Microsoft à développer ses propres fondations technologiques. C’est dans ce contexte que Mustafa Suleyman, patron de Microsoft AI, a présenté MAI-Thinking-1, le premier modèle de raisonnement conçu en interne par l’entreprise. Six autres modèles ont également été annoncés, autour de l’image, de la voix, de la transcription et du code.

MAI-Thinking-1 n’ambitionne pas encore de dominer les classements techniques. Son importance est ailleurs. Microsoft veut montrer qu’elle ne se contente plus d’intégrer les modèles d’OpenAI dans ses produits, mais qu’elle peut aussi produire ses propres briques d’intelligence artificielle. L’entreprise a d’ailleurs insisté sur le fait que ce modèle n’avait pas été entraîné à partir de modèles tiers.

Build a aussi mis en avant les agents IA, devenus l’un des grands terrains de bataille du secteur. Microsoft veut intégrer davantage ces assistants à Windows et à Copilot. Ses Autopilots doivent pouvoir travailler sur des tâches longues, consulter une boîte mail, suivre des échanges sur Teams, examiner un calendrier ou générer des résumés quotidiens.

L’entreprise a également présenté Project Solara, une plateforme fondée sur Android et pensée pour de futurs appareils dédiés aux agents IA. Cette orientation montre que Microsoft réfléchit déjà à des usages dépassant les logiciels classiques, avec des appareils conçus autour d’assistants intelligents.

La conférence a aussi accueilli des figures importantes de l’écosystème IA. Peter Steinberger, créateur d’OpenClaw récemment recruté par OpenAI, est intervenu autour de son projet. Jensen Huang, patron de NVIDIA, partenaire central de l’industrie, a également pris la parole à distance.

Microsoft conserve des atouts majeurs. Son écosystème logiciel, sa présence dans les entreprises et l’intégration de Copilot dans ses services lui donnent une force de diffusion considérable. Mais ses modèles arrivent dans un marché déjà très compétitif, face à OpenAI, Google, Anthropic et d’autres acteurs très avancés. Les agents IA, eux, doivent encore convaincre dans les usages réels.

Build 2026 a donc surtout envoyé un signal. Microsoft reste liée à OpenAI, mais veut prouver qu’elle peut aussi construire une stratégie IA avec ses propres modèles, ses propres plateformes et ses propres ambitions.

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