Le Maroc a pris part, à New York, aux préparatifs du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, prévu les 6 et 7 juillet à Genève. L’ambassadeur représentant permanent du Royaume auprès de l’ONU, Omar Hilale, a co-présidé vendredi une réunion de haut niveau du Groupe des amis des Nations Unies sur l’IA au service du développement durable.
La rencontre a permis de faire le point sur l’organisation du rendez-vous de Genève, qui réunira pour la première fois les 193 États membres autour des enjeux de gouvernance de l’intelligence artificielle. Les co-présidents du Dialogue mondial, Egriselda López pour le Salvador et Rein Tammsaar pour l’Estonie, ainsi que des responsables de l’UNESCO et de l’Union internationale des télécommunications, ont présenté les préparatifs et le déroulement prévu des deux journées.
Omar Hilale a placé cette séquence dans un contexte de forte concentration du pouvoir technologique. L’intelligence artificielle n’est plus un sujet réservé aux laboratoires. Son marché devrait atteindre 4.800 milliards de dollars à l’horizon 2033, tandis qu’un nombre limité d’entreprises concentre une part importante des dépenses mondiales de recherche.
Le déséquilibre est aussi diplomatique. Une minorité de pays développés participe à l’ensemble des grandes initiatives internationales de gouvernance de l’IA, alors que de nombreux États restent absents de ces cadres de discussion. Le Dialogue mondial de Genève est présenté comme une occasion de corriger cette exclusion, en ramenant tous les États membres autour de la même table, avec les scientifiques, le secteur privé et la société civile.
Les enjeux dépassent désormais la seule dimension technique. Ils touchent à la géopolitique, à l’économie, à l’éthique, aux inégalités et aux équilibres sociaux. Pour le Maroc, la gouvernance de l’IA doit être pensée de manière inclusive, afin que les règles ne soient pas élaborées par un cercle restreint d’acteurs.
L’Afrique occupe une place centrale dans cette réflexion. Le continent, dont 60 % de la population a moins de 25 ans, est directement concerné par les opportunités et les risques liés à l’intelligence artificielle. L’accès aux technologies, la formation, la souveraineté numérique et la capacité des pays africains à peser dans les normes internationales figurent parmi les défis majeurs.
Le Maroc s’est déjà positionné sur ce dossier au niveau onusien. Avec les États-Unis, il avait porté la première résolution des Nations Unies sur l’intelligence artificielle, adoptée par l’Assemblée générale en mars 2024 et coparrainée par plus de 120 États membres.
Dans le prolongement de cette initiative, Omar Hilale et son homologue américain ont créé le Groupe des amis des Nations Unies sur l’intelligence artificielle, qu’ils coprésident. Cette plateforme rassemble aujourd’hui plus de soixante pays membres et vise à faire de l’IA un outil au service du développement durable, dans un cadre multilatéral plus ouvert.














































