La Malaisie a commencé lundi à appliquer une loi interdisant aux mineurs de moins de 16 ans d’ouvrir un compte sur les réseaux sociaux. Le pays rejoint ainsi une dynamique internationale de plus en plus marquée autour de la protection des jeunes en ligne.
Les nouvelles règles concernent les grandes plateformes comptant au moins huit millions d’utilisateurs, parmi lesquelles Facebook, Instagram, TikTok et YouTube. Elles devront mettre en place des dispositifs de vérification de l’âge et empêcher l’inscription des moins de 16 ans.
Les entreprises qui ne respecteraient pas la loi s’exposent à des amendes pouvant atteindre dix millions de ringgits, soit environ 2,5 millions de dollars. Les parents ne seront pas sanctionnés si leurs enfants parviennent à contourner les restrictions.
La Commission des communications et du multimédia de Malaisie explique que cette mesure vise à limiter l’exposition des enfants aux contenus nuisibles, au cyberharcèlement et aux mécanismes conçus pour encourager une utilisation excessive des plateformes.
Un délai de grâce sera accordé aux entreprises technologiques afin de finaliser leurs systèmes de contrôle de l’âge. Les plateformes n’ont pas encore détaillé la manière dont elles comptent appliquer ces nouvelles obligations.
Cette décision intervient dans un contexte de pression croissante sur les gouvernements, appelés à répondre aux inquiétudes liées aux effets des réseaux sociaux sur la santé mentale des jeunes. Plusieurs pays ont déjà adopté ou annoncé des mesures comparables.
L’Australie a ouvert la voie avec une législation adoptée en décembre 2025. L’Indonésie a suivi en mars 2026. Le Brésil a également renforcé l’encadrement des comptes de mineurs en les liant à ceux des parents. La Grèce prévoit une mesure similaire à partir du 1er janvier 2027.
D’autres pays examinent encore ces dispositifs. En France, une mesure proche reste en discussion au Parlement. Le Royaume-Uni, l’Espagne, le Danemark, la Slovénie, la Thaïlande et la Corée étudient aussi des restrictions visant l’accès des mineurs aux réseaux sociaux.
Certains États privilégient des approches différentes. La Chine limite le temps de connexion des mineurs sur certaines plateformes. L’Allemagne, la Norvège et l’Italie imposent l’accord parental pour l’ouverture de comptes.
Les grandes entreprises du numérique restent prudentes face à ce durcissement. Meta a mis en garde contre le risque de pousser les adolescents vers des espaces moins régulés du web. Le groupe affirme avoir lancé des comptes encadrés pour les moins de 18 ans, avec des protections spécifiques.
La Malaisie s’inscrit ainsi dans un mouvement mondial où l’accès des mineurs aux réseaux sociaux devient un sujet politique majeur. Entre interdiction, contrôle parental et limitation du temps d’écran, les gouvernements cherchent désormais à reprendre la main sur un usage longtemps laissé aux seules plateformes.

















































