Le Maroc figure parmi les pays cités en exemple par l’Organisation mondiale de la santé pour les avancées réalisées dans la modernisation des données de mortalité. Dans son rapport World Health Statistics 2026, l’OMS met en avant les progrès du Royaume dans un domaine jugé essentiel pour suivre l’évolution de la santé publique, orienter les politiques sanitaires et mieux anticiper les crises.
À l’échelle mondiale, les lacunes restent importantes. L’OMS rappelle que peu de pays transmettent leurs données de mortalité dans des délais rapprochés, tandis qu’une part significative ne fournit pas encore d’informations sur les causes de décès. Cette faiblesse limite la capacité des systèmes de santé à disposer d’indicateurs fiables et comparables.
Dans ce contexte, l’expérience marocaine est présentée comme un progrès notable. Le Royaume est passé d’un dispositif centralisé, qui couvrait environ 30 % de la population et produisait encore de nombreuses causes de décès mal définies, à une plateforme numérique décentralisée conforme aux standards internationaux.
Cette transformation a été menée par le ministère de la Santé et de la Protection sociale, en partenariat avec le ministère de l’Intérieur et avec l’appui de l’initiative Bloomberg Philanthropies Data for Health. Le nouveau système permet la saisie en ligne des certificats, le codage automatisé des causes de décès et des contrôles de qualité en temps réel.
Selon l’OMS, cette évolution a permis d’élargir nettement la couverture de la population, d’augmenter le nombre de certificats traités et de réduire la part des causes de décès mal identifiées. L’intégration d’outils recommandés par l’organisation a également renforcé la fiabilité des données et leur utilisation dans la décision publique.
Le rapport souligne ainsi que la digitalisation, le renforcement des capacités et l’adoption de référentiels internationaux peuvent produire des résultats concrets, y compris dans des contextes où les systèmes statistiques restent sous pression.
Le Maroc prévoit désormais une nouvelle étape avec l’adoption de la classification ICD-11. Cette évolution doit permettre d’améliorer encore la comparabilité des données, leur interopérabilité et leur alignement avec les standards internationaux de suivi sanitaire.

















































