L’Agence Nationale du Soutien Social affine sa lecture des bénéficiaires des aides sociales directes. En s’appuyant sur des techniques avancées de classification statistique, l’ANSS a identifié cinq profils types de ménages afin de mieux adapter l’accompagnement social à leurs besoins réels.
Cette méthode, fondée sur les similarités de vie des ménages, va au-delà des critères habituels liés à la région, au genre ou à l’âge. Elle permet de mieux cerner les formes de vulnérabilité, mais aussi les marges d’autonomisation possibles pour chaque catégorie de bénéficiaires.
Le premier profil, celui des foyers émergents, regroupe 1.209.436 ménages. Il s’agit du groupe le plus important. Il est composé principalement de familles nucléaires dirigées par des quadragénaires, avec des enfants en bas âge. Ces foyers cumulent charges éducatives et instabilité des revenus, mais présentent aussi un potentiel élevé de sortie progressive de la précarité grâce à un accompagnement économique et social ciblé.
Les foyers en mue constituent le deuxième groupe, avec 986.265 ménages. Majoritairement ruraux et dirigés par des quinquagénaires, ils traversent une phase de transition démographique. Les enfants y atteignent l’adolescence ou l’âge adulte, ce qui augmente les besoins liés à la scolarisation, à la formation et à l’insertion professionnelle.
Le troisième profil, les tandems de vie, concerne 964.690 ménages. Il regroupe surtout des couples âgés vivant seuls, principalement en milieu rural. L’absence de revenus de retraite et les dépenses de santé renforcent leur vulnérabilité. Pour cette catégorie, l’aide directe joue un rôle de filet de sécurité.
Les nids désertés représentent 584.168 ménages. Ce groupe est exclusivement féminin et réunit des femmes âgées vivant seules, veuves, célibataires ou sans enfant à charge. Leur isolement et leur fragilité économique appellent une attention particulière en matière de protection sociale et d’accès aux services de base.
Le cinquième groupe, les solitaires sans relais, rassemble 156.936 personnes vivant seules, hommes ou femmes, souvent en zones périurbaines ou rurales. Ces bénéficiaires cumulent isolement relationnel et précarité matérielle. Leur situation nécessite des mesures spécifiques, notamment en matière d’insertion économique et de formation qualifiante.
Cette segmentation donne à l’ANSS une lecture plus fine de la réalité sociale des bénéficiaires. Elle doit permettre de passer d’une gestion uniforme des aides à une logique d’accompagnement différencié, selon les profils, les territoires et les besoins.
La répartition géographique montre que les douze régions du Royaume abritent l’ensemble de ces profils. Cette présence transversale confirme, selon l’Agence, la nécessité d’un accompagnement adapté à chaque territoire et à chaque type de vulnérabilité.















































