L’économie marocaine a gagné en résistance en 2025, malgré un environnement international tendu et les effets persistants du changement climatique. Dans son rapport annuel, le Conseil économique, social et environnemental souligne toutefois que cette amélioration ne s’accompagne pas encore d’une création d’emplois suffisante.
Le Conseil estime que les avancées enregistrées devront désormais se traduire davantage dans les conditions de vie, la qualité du travail et la réduction des écarts sociaux et territoriaux.
Le secteur agricole a retrouvé une dynamique positive après plusieurs campagnes affectées par la sécheresse. Sa valeur ajoutée a progressé de 8,2%, portée par une récolte céréalière proche de 43 millions de quintaux.
Ce volume reste néanmoins inférieur aux niveaux habituellement observés, compris entre 65 et 70 millions de quintaux. Le CESE rappelle ainsi que l’agriculture demeure fortement exposée aux variations climatiques.
Les résultats diffèrent également selon les filières. Le maraîchage et l’arboriculture ont mieux résisté, tandis que l’élevage continue de subir les conséquences de plusieurs années de sécheresse et du renchérissement des aliments pour bétail.
Le tourisme a confirmé son poids dans l’économie nationale. Le Maroc a accueilli près de 19,8 millions de visiteurs en 2025, un niveau record. Les nuitées ont progressé de plus de 9% et les recettes de voyage sont devenues la première source de devises du Royaume, devant les transferts des Marocains résidant à l’étranger.
La construction a également soutenu l’activité. Le secteur a enregistré une croissance de 6,7%, stimulée notamment par les grands projets d’infrastructures liés aux préparatifs de la Coupe du monde 2030.
Les investissements directs étrangers ont pour leur part augmenté de 74,3%. Le CESE relie cette progression au renforcement de l’attractivité du Maroc dans les stratégies de rapprochement des chaînes de production et de sécurisation des partenariats économiques.
L’industrie a évolué de manière contrastée. L’aéronautique, l’agroalimentaire, l’industrie pharmaceutique et les équipements électriques ont poursuivi leur développement.
Les industries chimiques ont reculé de 1,1%, le textile de 0,6% et l’électronique de 1,8%, sous l’effet du ralentissement de la demande internationale.
La production automobile a baissé de 10%, principalement en raison du recul du marché européen. Le Conseil considère toutefois cette baisse comme temporaire et rappelle que le Maroc conserve sa place de premier producteur africain de voitures particulières.
L’emploi reste le principal point de fragilité. Le taux de chômage s’est maintenu à 13%, tandis que la recherche d’un poste dure en moyenne 33 mois.
Près de 46% des salariés exercent encore sans contrat écrit. Le CESE estime que cette situation traduit les limites d’une croissance largement portée par des secteurs exigeant beaucoup de capitaux mais créant relativement peu d’emplois.
L’économie informelle représente toujours 13,6% de la valeur ajoutée non agricole.
Les déséquilibres régionaux demeurent également marqués. Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma concentrent ensemble 58,5% du PIB national.
La généralisation de la protection sociale a en revanche continué de progresser. L’Assurance maladie obligatoire couvre désormais près de 88% de la population, soit plus de 32 millions de bénéficiaires, contre 42% avant la réforme.
L’aide sociale directe bénéficie à près de 3,9 millions de familles, représentant plus de 12,5 millions de personnes. Les versements ont atteint 25,6 milliards de dirhams en 2025.
Dans l’éducation, le programme des écoles pionnières couvre plus de 4.600 établissements et près de deux millions d’élèves. Le préscolaire accueille pour sa part environ 985.000 enfants.
Le rapport relève aussi l’abaissement à 1.320 jours de cotisation du seuil ouvrant droit à la pension de vieillesse pour les affiliés à la CNSS, ainsi que les avancées dans le traitement de l’habitat insalubre.
Sur le plan climatique, le Maroc vise une réduction de 53% de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2035.
Les énergies renouvelables représentent plus de 45% de la puissance électrique installée. Leur part dans la production réelle d’électricité reste limitée à 26,7%, en raison notamment de capacités de stockage encore insuffisantes.
Le CESE met aussi en avant le potentiel de l’hydrogène vert, avec des projets d’investissement estimés à près de 370 milliards de dirhams, ainsi que les efforts menés pour renforcer la sécurité hydrique, dont la mise en service du barrage Rhiss.
Le Conseil conclut que le Maroc dispose d’une économie plus solide et plus attractive. Il estime toutefois que la prochaine étape devra porter sur la création d’emplois durables, la réduction des disparités régionales et l’amélioration des conditions de travail.















































