Le CNDH et le HCP créent des indicateurs sur les droits

Le Conseil national des droits de l’Homme et le Haut-Commissariat au Plan ont conclu à Rabat un partenariat destiné à créer un système national d’indicateurs consacré aux droits et aux libertés.

La convention a été signée mercredi par la présidente du CNDH, Amina Bouayach, et le Haut-Commissaire au Plan, Chakib Benmoussa. Elle doit permettre aux deux institutions de renforcer le suivi de la situation des droits de l’Homme à partir de données précises et de méthodes scientifiques conformes aux standards internationaux.

Le dispositif associera l’expertise du CNDH en matière de protection et de promotion des droits à celle du HCP dans les domaines de la statistique, de l’analyse et de la prospective. L’objectif est de disposer d’outils capables de mesurer les avancées réalisées et d’évaluer les effets des politiques publiques sur la vie des citoyens.

Le partenariat prévoit notamment le partage d’indicateurs et de données statistiques utiles à l’élaboration des rapports consacrés aux droits et aux libertés. Ces informations serviront également à examiner l’impact des actions publiques menées dans ce domaine.

Un tableau de bord national doit être développé afin de suivre l’évolution des indicateurs à l’échelle du pays et des régions. Cet outil permettra aussi de repérer les écarts entre les territoires et de mieux appuyer les décisions sur des données vérifiables.

Amina Bouayach estime que cette convention marque une nouvelle étape dans la construction d’un système national d’évaluation des droits de l’Homme. Elle a souligné la nécessité de dépasser la seule lecture juridique pour mesurer la différence entre les droits reconnus par les textes et leur application dans le quotidien des citoyens.

Cette démarche prolonge la stratégie sur l’effectivité des droits lancée par le CNDH en 2019. Le Conseil souhaite ainsi consolider son évaluation annuelle et recentrer le débat public sur les résultats concrets des lois, des règles et des politiques.

Chakib Benmoussa a pour sa part replacé cet accord dans un contexte marqué par l’adoption de deux textes portant sur la réorganisation du HCP et sur la gouvernance du système statistique national.

Selon lui, l’ouverture, la coopération et le partage des données constituent des conditions essentielles pour améliorer la cohérence de l’action publique et mieux répondre aux besoins de la population.

Le Haut-Commissaire au Plan a également insisté sur le rôle des données fiables dans l’évaluation des droits de l’Homme. Les futurs indicateurs devront aider à mesurer les progrès, à identifier les disparités et à repérer les facteurs de précarité, notamment au niveau territorial.

La convention prévoit par ailleurs la mise au point de méthodes de mesure inspirées de l’approche du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme. Des formations et des ateliers techniques seront organisés au profit des cadres du CNDH et du HCP.

Ce partenariat intervient après un premier atelier national consacré aux indicateurs des droits de l’Homme, organisé le 29 janvier 2026 avec la participation d’experts, d’institutions nationales et d’organismes internationaux.

Cette rencontre avait ouvert les travaux sur la création d’un dispositif scientifique capable d’évaluer l’application effective des droits et l’influence des politiques publiques sur la vie des citoyens.

Infomag
Infomag
InfoMagazine se propose de délivrer l’information IT stratégique aux cadres et dirigeants, à travers une newsletter quotidienne et un site web qui couvre toute l'actualité Informatique, économique et fintech