À Genève, le Maroc et l’Organisation internationale du Travail ont appelé à accélérer la mobilisation contre le travail des enfants, en s’appuyant sur le Cadre de Marrakech. Ce document, présenté comme une feuille de route pour une action plus rapide et plus structurante, sert désormais de référence aux efforts internationaux engagés contre ce phénomène.
L’appel a été lancé mardi lors d’un événement de haut niveau organisé à l’occasion de la Journée mondiale contre le travail des enfants, célébrée le 12 juin. La rencontre, tenue sous le thème Carton rouge contre le travail des enfants, de Marrakech à l’action, s’inscrit dans les travaux de la 114e session de la Conférence internationale du Travail à Genève.
Le directeur général de l’OIT, Gilbert F. Houngbo, a rappelé l’ampleur du défi mondial. Selon les chiffres présentés, 138 millions d’enfants travaillent encore dans le monde, dont 54 millions exposés à des travaux dangereux. Les enfants âgés de 5 à 11 ans figurent parmi les plus touchés.
Si toutes les régions évoluent dans le bon sens, les progrès restent insuffisants, a souligné le responsable de l’OIT. L’Afrique subsaharienne concentre à elle seule près des deux tiers du total mondial, malgré des avancées enregistrées ces dernières années.
Gilbert F. Houngbo a mis en garde contre la persistance de plusieurs facteurs aggravants, dont les crises économiques, le changement climatique et l’apparition de nouvelles formes d’exploitation. Il a plaidé pour des politiques intégrées combinant une éducation obligatoire de qualité, une protection sociale universelle et une formalisation accrue de l’économie.
Pour le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, la lutte contre le travail des enfants relève d’un impératif de cohésion sociale. Il l’a présentée comme une priorité stratégique de long terme pour le Maroc.
Le ministre a mis en avant les progrès réalisés par le Royaume, avec un taux ramené à environ 1,3 %. Il a réaffirmé l’objectif d’une élimination complète du travail des enfants.
Younes Sekkouri a détaillé les leviers mobilisés par le Maroc. Le développement du préscolaire constitue, selon lui, un facteur déterminant pour prévenir le décrochage scolaire. Il a également cité l’élargissement de l’apprentissage destiné aux jeunes sortis du système scolaire, ainsi que la généralisation de la protection sociale à plus de 22 millions de bénéficiaires.
Le ministre a aussi insisté sur le rôle du dialogue social et sur l’implication du secteur privé. Le passage des engagements aux résultats exige, selon lui, des moyens, une coordination étroite et une volonté politique continue.
La rencontre de Genève a réuni des délégations gouvernementales, patronales et syndicales issues des pays participants. Le Maroc y était représenté par une délégation tripartite comprenant des représentants du gouvernement, des partenaires sociaux et l’ambassadeur représentant permanent du Royaume auprès de l’ONU à Genève, Omar Zniber.
Adopté lors de la 6e Conférence mondiale sur l’élimination du travail des enfants, tenue du 11 au 13 février à Marrakech, le Cadre de Marrakech vise à accélérer les actions contre ce fléau. Il doit permettre aux pays de partager leurs expériences et de renforcer leurs politiques de prévention, de protection et d’inclusion.
La campagne Carton rouge contre le travail des enfants, lancée officiellement à Marrakech, se poursuit tout au long de l’année 2026. Elle accompagnera notamment la Journée mondiale contre le travail des enfants et plusieurs grands rendez-vous sportifs internationaux, dont la Coupe du monde de la FIFA organisée au Canada, au Mexique et aux États-Unis jusqu’au 19 juillet.















































