Les flux d’investissements directs étrangers vers le Maroc ont augmenté de 29% en 2025, selon les données de la Banque mondiale. Cette progression intervient dans un contexte de croissance économique soutenue, avec une hausse du PIB réel de 4,9% sur l’année.
L’institution estime que le Royaume a enregistré son rythme de croissance le plus élevé depuis plus de dix ans. Cette performance place le Maroc au-dessus de la moyenne des économies émergentes et en développement, après plusieurs années marquées par une évolution différente.
La hausse de l’activité s’est accompagnée d’une inflation limitée à 0,8% en 2025. Ce niveau, parmi les plus faibles de la région, a contribué à maintenir un environnement stable pour les investisseurs engagés dans des projets industriels de long terme.
L’industrie manufacturière a capté l’essentiel des capitaux étrangers. Les investissements nets rapportés au PIB ont atteint près de 1,8% en 2025, contre 0,7% deux ans plus tôt.
La Banque mondiale associe ce rebond à la place croissante du Maroc dans les stratégies de délocalisation de proximité des groupes internationaux. La réorganisation des chaînes d’approvisionnement européennes accorde désormais davantage de poids à la proximité des marchés et à la maîtrise des coûts logistiques.
Les échanges extérieurs reflètent aussi cette évolution. Les exportations marocaines de biens et de services ont progressé de 6,2% en 2025, après une hausse de 8% en 2024.
Les phosphates et l’aéronautique ont enregistré les résultats les plus marquants. Les ventes de phosphates et de leurs dérivés ont augmenté de 21%, tandis que l’activité minière a progressé de 7,5%. Le tourisme a, de son côté, affiché une croissance de 7%.
La dynamique s’est poursuivie au premier trimestre 2026. Les exportations automobiles ont augmenté de 12,1% et celles de l’aéronautique de 12,6%. La Banque mondiale considère ces deux branches comme des moteurs du passage de l’industrie marocaine vers des activités à plus forte valeur ajoutée.
L’investissement intérieur a également contribué à l’expansion économique. La formation brute de capital a progressé de 16,3% en 2025, après 14% un an auparavant.
Cette évolution a été portée par les projets d’infrastructures publiques et par la reprise graduelle des dépenses d’investissement du secteur privé. La construction a enregistré une croissance de 6,7%, soutenue notamment par les préparatifs de la Coupe du monde 2030.
Pour 2026, la Banque mondiale prévoit une hausse de 11,2% de la formation brute de capital fixe. Elle anticipe une croissance de 4,2% cette année, puis de 4% en 2027 et de 4,3% en 2028.
L’institution s’attend aussi à un rééquilibrage progressif de la demande en faveur du secteur privé. La consommation des ménages pourrait ainsi progresser de 4,8% à l’horizon 2028, sous l’effet de la maturation des investissements engagés et des réformes structurelles menées ces dernières années.
La transformation numérique des entreprises figure également parmi les leviers identifiés par le rapport. La stratégie Maroc Digital 2030 est présentée comme l’un des principaux cadres de cette évolution.
Un rattrapage du niveau numérique des pays de comparaison pourrait générer un gain de productivité agrégée compris entre 10% et 15%, selon les estimations de la Banque mondiale. Cette modernisation renforcerait encore l’attractivité du pays auprès des investisseurs à la recherche de plateformes industrielles compétitives.
La trajectoire économique du Maroc bénéficie aussi d’une amélioration de sa crédibilité financière. Les euro-obligations émises en 2025 ont affiché des spreads de 155 points de base pour les maturités de quatre ans et de 215 points pour celles de dix ans.
S&P a, par ailleurs, relevé la note souveraine du Royaume au niveau investment grade. Les réserves internationales couvraient 5,4 mois d’importations à la fin de 2025 et ont atteint 49 milliards de dollars à fin mars 2026.
Le secteur bancaire conserve des niveaux jugés satisfaisants de fonds propres, de liquidités et de rentabilité. La Banque mondiale relève également la confiance exprimée par S&P dans la solidité du système financier.
Les finances publiques ont poursuivi leur amélioration. Les recettes fiscales ont représenté 30,1% du PIB en 2025, notamment grâce à la progression de l’impôt sur les sociétés, dont le produit a augmenté d’environ 130% depuis 2019.
Le déficit budgétaire a été ramené à 3,5% du PIB. La dette du Trésor s’est stabilisée autour de 67%, après avoir franchi le seuil de 70% en 2020.
Le marché de l’emploi a accompagné cette évolution. Près de 193.000 emplois nets ont été créés en 2025, soit plus du double du niveau enregistré en 2024.
La Banque mondiale classe ce résultat au quatrième rang des créations nettes d’emplois enregistrées au Maroc depuis 2001. Cette progression renforce le positionnement du Royaume auprès des investisseurs, aux côtés de la stabilité macroéconomique et des projets liés au Mondial 2030.
Le Maroc a également maintenu sa trajectoire au début de 2026 malgré les tensions au Moyen-Orient. Son exposition est restée principalement limitée aux coûts des importations énergétiques.
La Banque mondiale relie cette résistance à la réforme des subventions aux carburants lancée en 2014. Celle-ci aurait réduit de moitié les effets des chocs pétroliers sur la croissance.
L’institution n’exclut pas une évolution plus favorable que prévu. Le positionnement du Maroc comme plateforme de délocalisation de proximité, les investissements liés au Mondial et la réforme des entreprises publiques pourraient entraîner une expansion du secteur privé supérieure au scénario central.















































