À Rabat, le débat sur l’avenir du secteur pharmaceutique s’est recentré autour d’un enjeu clé : la propriété intellectuelle. À l’initiative de Association des Entreprises du Médicament au Maroc, un workshop stratégique a réuni institutions publiques, experts internationaux et acteurs de l’industrie afin d’examiner le rôle structurant de la propriété intellectuelle pharmaceutique dans un contexte de réformes profondes du système de santé.
Organisée sous l’égide du Ministère de l’Industrie et du Commerce et du Ministère de la Santé et de la Protection Sociale, cette rencontre a mis en lumière la propriété intellectuelle comme un pilier de la souveraineté sanitaire, de l’innovation et de l’attractivité économique. Un cadre juridique clair et prévisible apparaît désormais comme un facteur déterminant pour renforcer la confiance des investisseurs, accélérer les transferts de technologies et développer des capacités industrielles locales au bénéfice des patients marocains.
Pour le LEMM, la protection de l’innovation dépasse la seule dimension réglementaire. Elle conditionne l’accès durable aux traitements les plus avancés et favorise l’émergence d’un écosystème pharmaceutique compétitif. « Protéger l’innovation, c’est créer les conditions d’un meilleur accès aux soins, grâce à un cadre transparent et à une gouvernance fondée sur la concertation », a souligné Amine Sekhri, président de l’association.
Le cadre légal marocain, porté par la loi n°17-97 et aligné sur l’Accord TRIPS, a déjà permis de poser les fondations d’une protection conforme aux standards internationaux. Cette architecture juridique a favorisé l’implantation d’investissements et l’essor d’une industrie pharmaceutique locale dynamique. Le défi réside aujourd’hui dans une application homogène et prévisible des règles, afin d’accompagner le développement des essais cliniques, la production locale et la montée en puissance vers les biotechnologies.
Les échanges ont notamment porté sur la protection des données issues des essais cliniques, la liaison entre brevets et autorisations de mise sur le marché, l’harmonisation des procédures et la réduction des délais administratifs. Autant de chantiers jugés essentiels pour renforcer la sécurité juridique et positionner le Maroc comme une plateforme crédible et attractive pour l’innovation pharmaceutique en Afrique et au-delà.



















































